Les GR® mythiques : des sentiers prestigieux que chacun rêve d’ajouter à son palmarès !
Parce qu’ils cumulent les superlatifs (plus beaux, plus
longs, plus de dénivelés…) et font rêver le randonneur débutant, ou parce
qu’ils suivent des voies historiques, certains sentiers GR® sont « devenus
mythiques ». Les ouvrages qui les décrivent sont ainsi parmi les plus
demandés.
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Le GR®65 vers Compostelle
Avec plus de 5.000 km de sentiers balisés, les « Saint-Jacques » sont des itinéraires
mythiques. Quatre principales voies, toutes inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco,
s’offrent aux randonneurs, parfois mystiques pèlerins, parfois simples sportifs,
mais toujours amoureux de la nature.
Nous vous proposons cet été de découvrir ou redécouvrir une portion de la « route
du Puy », la via Podiensis. Avec le concours des journalistes de l’émission « Au
détour du Monde » de Sandrine Mercier sur France Inter (tous les dimanches à 16h),
nous avons recueillis des témoignages de pèlerins et des personnages rencontrés
le long du chemin. Une manière de vous faire vivre cette itinérance.
Les témoignages
Cliquez sur les coquilles
La Via Podiensis
La via Podiensis, la « Route du Puy », est sans doute la mieux connue car au plus
près de la réalité historique. C'est aussi la plus attachante par la beauté sauvage
de certains de ses tronçons et la majesté des monuments de foi qui la jalonnent.
En fait, l’itinéraire débute à… Genève, en Suisse, dans un paysage vallonné de bocages
offrant des vues sur les sommets du Jura et rejoint ainsi les Pyrénées.
Notre coup de cœur : Le Puy-en-Velay - Conques
L'itinéraire traverse le Velay, la Margeride et l'Aubrac. Cette succession de petits
massifs montagneux est en réalité l'émergence de véritables pays aux identités propres,
qui s'égrènent jusqu'aux confins du Rouergue. Le Velay présente une ligne de crêtes
volcaniques. La Margeride, elle, offre le visage d'une lande mystérieuse, jonchée
de granit. Enfin, les prairies naturelles de l'Aubrac, ses petits lacs et ruisseaux,
sa vie pastorale traditionnelle finiront d'emporter l'enthousiasme des randonneurs.
Entre Figeac et Moissac, ils traverseront le haut Quercy et ses causses, où quelques
maigres chênes verts le disputent à la rocaille et aux champs de lavande avant d’atteindre
les méandres de la verte vallée du Lot que longe le sentier. Le paysage change à
partir de Lalbenque. Le Quercy blanc exhale des effluves méditerranéens. Les pentes
se couvrent de vignes et de vergers, ou, vers l'Agenais, de champs de céréales.
Puis viennent les Pyrénées Atlantiques et Roncevaux.
Un peu d’histoire
Des chemins vieux de plus de mille ans
“En avril après la messe, vers Compostelle partiras, et, en septembre, tout paré
de coquilles, chez toi reviendras …” Voici ce qui apparaît au détour d’un calendrier
de la fin du Moyen Age, témoin d’une histoire qui remonte au IXe siècle.
En l’an 800, quelque part en Galice, un ermite du nom de Pélage a une vision surnaturelle
qui le conduit près d’un champ. Théodomir, l’évêque de la région, y retrouve trois
sépultures : celle de saint Jacques le Majeur, encadré de ses deux disciples venus
l’enterrer en cette terre évangélisée par l’apôtre, après qu’il ait été décapité
sur ordre d’Hérode Agrippa en l’an 44. Très vite, les premiers pèlerins accourent,
des miracles se produisent, la légende de saint Jacques prend naissance.
Tout le monde veut se lancer sur ce Chemin d’étoiles qui suit le sillage de la Voie
lactée. “Quel est donc ce personnage si considérable et si éminent que les chrétiens
aillent vers lui pour prier d'au delà et d'en deçà des Pyrénées ?” s’étonne un émissaire
sarrasin faisant route vers la Galice au XIe siècle, alors que le flot des pèlerins
lui laisse à peine le passage.
Bientôt, la renommée du tombeau sacré franchit la barrière des Pyrénées et gagne
la France, la Wallonie, les Flandres, l’Allemagne … En l’an 951, l’évêque Godescalc
quitte sa bonne ville du Puy-Sainte-Marie (ancienne appellation du Puy en Velay)
à dos de mule. A son retour de Compostelle, il institue sa cité, grand point de
départ vers Santiago.
De grandes routes de pèlerinage se dessinent, relayées par un florilège de voies
secondaires. Lorsque Aymeri Picaud, le clerc poitevin qui revient de pèlerinage
à Compostelle, écrit son désormais célèbre Guide du pèlerin de Saint-Jacques en
1123, Santiago de Compostela est déjà un sanctuaire de pèlerinage renommé. Le Poitevin
y décrit les quatre grandes routes, la via Podiensis partant du Puy, celle qui part
de Paris-Tours, (la via Turonensis), celle qui débute à Vézelay (la route limousine)
et enfin, le chemin d’Arles qui traverse les Pyrénées en solo au col du Somport.
Chacun trace sa route depuis son village d’origine, les nobles et les riches à cheval,
mais la majorité va à pied. Le plus souvent, on entreprend ce voyage au long cours
pour demander une grâce au sieur saint Jacques, remercier pour un vœu exaucé. Et
pour certains, faire pénitence, pieds nus, en vêtements de laine brute ou les fers
aux pieds, tel le jeune Guillaume de Verceil parti à l’âge de quatorze ans, depuis
son Piémont natal jusqu’au sanctuaire galicien.
1123, au cœur du plateau de l’Aubrac. En route vers Compostelle, le comte de Flandres
Adalard est assailli par des brigands. Il fait promesse à saint Jacques que s’il
survit, il édifiera un hospice destiné à accueillir les pèlerins. C’est toute une
chaîne de lieux d’accueil qui se met en place au bord des chemins. Soupe chaude,
miche de pain, gobelet de vin et une place à l’abri pour dormir, voilà ce qui attend
les jacquets sans fortune, au gré de leur progression.
Les Topoguides des chemins vers Saint-Jacques :
- Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle via Le Puy en Velay, de Genève au Puy-en-Velay
(GR®65) (Ref. 650)
- Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle via Le Puy en Velay (GR®65), Le Puy/Figeac
(Ref. 651)
- Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle via Le Puy en Velay, Figeac/Moissac
(GR®65 et GR®651) et Rocamadour/ La Romieu (GR®652) (Ref.
652)
- Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle, Moissac/Roncevaux GR653 (Ref.
653)
La via lemovicensis
- Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle via Vézelay (GR®654), Namur/Vézelay
(Ref. 654)
- Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle via Vézelay (GR®654), Vézelay/Montréal-du-Gers
(Ref. 6542)
La via turonensis
- Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle via Tours, Tours/Mirambeau (GR®655,
GR®36 et GR®48) (Ref. 6552)